AUTOTEST VIH : LIBRE D'ACCÉDER À LA CONNAISSANCE DE SON STATUT
Le Sénégal se dote d’une stratégie nationale sur l’autodépistage du VIH et de son guide pratique

Le Sénégal se dote d’une stratégie nationale sur l’autodépistage du VIH et de son guide pratique

Dans la démarche de préparation à la transition du projet ATLAS et du passage à l’échelle au niveau national, ses équipes, avec l’appui de l’OMS, ont accompagné le ministère sénégalais de la Santé et de l’Action Sociale (MSAS) et le Conseil National de Lutte contre le Sida (CNLS) dans l’élaboration de la Stratégie nationale sur l’autodépistage et du Guide pratique de l’autodépistage du VIH. Comme l’a souligné la Dr Sanata Diallo, cheffe du projet ATLAS au Sénégal, « la stratégie donne les orientations nécessaires et le guide permet de l’opérationnaliser sur le terrain ».

Remise officiellement le 25 janvier 2021, la stratégie vient, selon la Dr Safiatou Thiam, Secrétaire Exécutive du CNLS,  « compléter le document Politique, Normes et Protocoles des services de dépistage du VIH édité en 2018 et permet de définir les orientations stratégiques adaptées à notre contexte ainsi que l’élaboration de la politique nationale ». Elle a également rappelé que depuis le début de la mise en œuvre du projet ATLAS, en 2018, « les résultats obtenus sont encourageants », et que cette stratégie complémentaire vient élargir la palette de dépistage. Une étape nécessaire car « la stratégie classique ne suffit pas et il faut donc diversifier notre offre et couvrir tous les besoins ».

Dr Safiatou Thiam reçoit la Stratégie nationale des mains de la Dr Sanata Diallo

Au-delà de la stratégie, il a également été décidé d’élaborer un guide pratique d’utilisation. Comme le souligne Abdoulaye Diouf Sarr, ministre de la Santé et de l’Action Sociale et auteur de la préface, « des gaps persistent [dans le dépistage, NDLR] et se sont accrus concernant les populations clés et vulnérables. C’est pourquoi le Sénégal a adopté la stratégie de l’autodépistage du VIH pour toucher ces cibles. Le MSAS a ainsi décidé d’élaborer ce présent guide pour aider les acteurs de notre pays à s’approprier cette stratégie innovante de dépistage du VIH. » Le Professeur Cheick Tidiane Ndour, Directeur de la Division de la Lutte contre le Sida et les Infections sexuellement transmissibles (DLSI) a en outre précisé que l’avantage du guide pratique de l’autodépistage du VIH au Sénégal, remis officiellement le 16 mars, était « d’harmoniser les pratiques opérationnelles dans le cadre d’une stratégie innovante». En effet, a-t-il ajouté, « l’autodépistage a suscité un fort enthousiasme, notamment communautaire,  et nécessite donc la mise en place d’un cadre permettant de mettre en œuvre la stratégie sur le terrain. »

Dr Karim Diop, chef du bureau Gestion et Approvisionnement de la DLSI reçoit le Guide pratique des mains de Papa Alioune Gueye, responsable technique ATLAS Sénégal

Le guide décrit concrètement les stratégies et canaux de dispensation retenus par le pays et permet notamment de fixer des standards minimaux en matière de formation, de sensibilisation, de suivi-évaluation et d’assurance qualité concernant les intrants.

Les équipes du projet ATLAS, dans cette démarche de transition, accompagnent actuellement, avec l’appui technique de l’OMS, les autorités sanitaires ivoiriennes et maliennes dans l’élaboration de ces mêmes documents. La stratégie nationale et le guide pratique maliens seront d’ailleurs bientôt disponibles, l’atelier de validation ayant eu lieu fin février. 

Téléchargement :

Stratégie nationale sur l’autodépistage du VIH au Sénégal

Guide pratique de l’autodépistage du VIH au Sénégal

Crise de la Covid-19 : partenaires et équipes du projet ATLAS adaptent leurs activités pour maintenir l’accès au dépistage VIH

Crise de la Covid-19 : partenaires et équipes du projet ATLAS adaptent leurs activités pour maintenir l’accès au dépistage VIH

La crise de la Covid-19 a touché les pays d’intervention du projet ATLAS à partir de mars 2020. Face à cette nouvelle pathologie, les gouvernements ont rapidement pris des mesures fortes en déclarant l’état d’urgence sanitaire et en mettant en place, selon les pays, des restrictions de déplacement, des limites de rassemblement et des couvre-feux. A l’image de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest (2014-2015), la pandémie de la Covid-19 a fortement impacté la prise en charge des autres pathologies, concentrant l’attention et amplifiant la méfiance vis-à-vis des structures sanitaires, provoquant ainsi une baisse de la fréquentation.

Dès le mois de mai 2020, l’ONUSIDA a alerté sur le risque de perdre les progrès acquis au cours de ces dernières années[1]. Les dernières données (octobre 2020[2]) font de fait état d’un recul significatif des services de dépistage du VIH dans pratiquement tous les pays.

Ainsi, il était essentiel de poursuivre, en les adaptant, les activités de lutte contre le VIH dont la prévention et le dépistage. Tout en s’associant à ses différents partenaires pour déployer des outils de sensibilisation à la Covid-19, le projet ATLAS a développé une série d’initiatives visant à maintenir la dispensation de kits d’autodépistage du VIH tout en garantissant la sécurité des dispensateur·rice·s et des utilisateur·rice·s. De la mise à disposition d’équipements de protection individuelle à l’adaptation des stratégies avancées en passant par la proposition de l’ADVIH lors de la distribution communautaire des antirétroviraux, ces adaptations ont permis aux équipes et partenaires du projet ATLAS de poursuivre leurs activités  à un niveau équivalent voir supérieur à celui qui prévalait avant la Covid-19.  

Une adaptation à la situation qui s’est révélée d’autant plus importante que l’autodépistage, au-delà d’être un outil permettant de se dépister où et quand on le souhaite, permet également de limiter les contacts physiques. Il est donc particulièrement adapté dans ce contexte pandémique pour maintenir une possibilité d’accéder à la connaissance de son statut VIH.

Fort de la mise en œuvre de ces adaptations, le projet ATLAS a souhaité capitaliser ces expériences dans le cadre d’un recueil de bonnes pratiques «Maintien de la dispensation de l’autodépistage du VIH en contexte Covid-19 : retours d’expériences et bonnes pratiques du projet ATLAS » et le mettre librement à disposition de l’ensemble des acteurs impliqués dans la lutte contre le VIH.


[1] Jewell B, Mudimu E, Stover J, et al for the HIV Modelling consortium, Potential effects of disruption to HIV programmes in sub-Saharan Africa caused by COVID-19: results from multiple models.

[2] Implementation of the HIV Prevention 2020 Road Map

Le projet ATLAS dans la presse

Le projet ATLAS dans la presse

Plusieurs médias ont récemment témoigné de l’importance de l’impact du Projet ATLAS. Retrouvez ces différentes publications :

RFI

Diffusion d’un reportage dans Afrique Matin, la session d’informations dédiée à l’Afrique entre 7h et 8H,

le 1er décembre 2020 à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida

Sénégal : le pays mise sur les autotests VIH, par Théa Ollivier

La Croix

Publication d’un reportage de deux pages dans les pages « Grand Format » du quotidien,

le 12 janvier 2021 :

Au Sénégal, dépister le sida en toute discrétion

Brut

Diffusion d’un publireportage de 4 min sur la plateforme et les réseaux sociaux (Facebook, Twitter)

de Brut, le 20 décembre 2020 :

Comment l’autodépistage accompagne les travailleuses du sexe au Sénégal

Ça, c’est Maguette !

Ça, c’est Maguette !

A Dakar, Maguette préside une association de travailleuses du sexe et apporte à ces jeunes femmes bienveillance et support.

Maguette – Photo: B. Demeocq / Solthis

Dakar, dans une ruelle discrète, une petite maison un peu défraichie par les années se cache sous les manguiers feuillus. Un jeune aficionado de Lionel Messi, maillot du Barça sur le dos, en sort ballon aux pieds. « Maman, si tu me cherches, je joue au foot dehors ». Mamoudou, 11 ans, est le petit dernier de Maguette. Il fait sa fierté et porte ses espoirs, tout comme ses petits-enfants dont les jouets jonchent la cour de sa modeste maison. C’est également dans cette maison que Maguette accueille régulièrement les travailleuses du sexe membres de Karlène, l’association de travailleuses du sexe qu’elle préside. « Je n’étais pas prédestinée à m’occuper des gens, le communautaire m’est tombé dessus, mais aujourd’hui je ne peux pas m’en passer. » 

Maguette est une mère, une grand-mère et un repère pour celles et ceux qui l’entourent. « Le travail du sexe est toléré, mais la loi est obsolète*. Beaucoup de filles demeurent dans la clandestinité car elles refusent de se faire enregistrer ; même avec la carte, elles peuvent être arrêtées car le racolage est interdit. » Les structures communautaires sont donc indispensables à de nombreuses filles qui ne disposent que de peu de soutien. Chaque mois, Karlène réunit les travailleuses du sexe autour d’une séance de sensibilisation. L’autodépistage du VIH fait partie des thématiques régulièrement abordées. « Il faut les sensibiliser, les informer. Elles doivent pouvoir profiter de ce que nous, nous n’avons pas eu. Elles représentent l’avenir, les générations futures. Elles doivent avoir une jeunesse saine. »

Une vingtaine de jeunes femmes sont présentes ce jour-là, sourire aux lèvres, heureuses de partager un moment de convivialité non jugeant. Très attentives, elles se montrent particulièrement intéressées par l’autotest de dépistage du VIH. « C’est un outil pratique, sans piqûre, sans douleur », témoigne l’une d’elles. Et Maguette de confirmer : « elles ont beaucoup de pratiques à risque, donc elles utilisent et donnent les autotests à leurs paires et leurs clients, car cela leur permet de se tester régulièrement. Ensuite, elles nous appellent ou appellent la hotline* et se font référer dans une structure pas trop proches de chez elles afin de ne pas être stigmatisées ».

Conseiller, orienter, protéger, tel est le quotidien de Maguette dont le corps porte les stigmates d’une cinquantaine d’années de lutte. « J’avais un parent proche usager de drogue et personne vivant avec le VIH. Moi-même j’étais travailleuse du sexe. J’ai intégré cette association dont je suis finalement devenue présidente. Je suis également vice-présidente du RENAPOC. Aider est ma vie. »

Grâce à Enda Santé, partenaire du Projet ATLAS au Sénégal, Karlène a pu intégrer le pool des associations relais de la dispensation des autotests de dépistage du VIH. « Enda nous soutient depuis très longtemps, et nous a énormément renforcées sur le plan communautaire. Cela nous a permis de réaliser de grands progrès, en nous accompagnant dans les sessions de causerie, dans la mise en œuvre du dépistage démédicalisé. Moi-même, ils m’ont permis d’acquérir un diplôme de visiteuse médicale. »

L’année écoulée n’a pas été sans difficultés pour Karlène, avec la pandémie de COVID-19. « Beaucoup d’activités se sont arrêtées, explique Maguette. Les filles travaillent moins. Je me suis inquiétée pour plusieurs d’entre elles. Nous avons recommandé le respect des mesures barrières mais avec la conjoncture, c’était compliqué. Il fallait bien qu’elles mangent. C’est l’instinct de survie qui domine. »

Emue, mais avec une force irréductible dans le regard, Maguette confie : « je me battrai toujours pour elles, elles comptent sur moi. Ça c’est Maguette ! »

  • Au Sénégal, les travailleuses du sexe peuvent s’enregistrer légalement comme telles, et ainsi bénéficier d’un carnet de suivi notamment sanitaire.  
  • Numéro vert anonyme et gratuit : 800 30 30
Le Projet ATLAS à l’AFRAVIH virtuelle

Le Projet ATLAS à l’AFRAVIH virtuelle

Dans le contexte de la pandémie à COVID-19, la 10ème Conférence internationale francophone sur le VIH et les hépatites ne se déroulera pas à Dakar, mais en virtuel, du 8 au 11 novembre prochains.

Au cours de cette conférence, le Projet ATLAS partagera les premiers résultats du déploiement de l’autodépistage du VIH en Afrique de l’Ouest, au cours d’un symposium dédié, mais également de posters et de présentations dans le cadre de sessions de partenaires.

Seront également abordées les réponses apportées par les projets mis en œuvre par SOLTHIS aux enjeux de l’accès à un dépistage et une prise en charge VIH de qualité en Afrique de l’Ouest et centrale ainsi que les adaptations déployées pour répondre à la pandémie de COVID-19.

Rejoignez-nous en ligne sur https://www.afravih2020.org/.

Retrouvez le replay de notre symposium :

Retrouvez l’intervention de Clémence Doumenc Aïdara lors du symposium UNITAID :

Les inscriptions sont gratuites pour tous les participants hors Europe et Amérique du Nord : https://www.afravih2020.org/inscription

Contacts presse :

  • Projet ATLAS : Juliette BASTIN, responsable communication et plaidoyer

Responsablecom.atlas@solthis.org. +221 78 183 64 07

Inscriptions presse : envoyer un mail à laetitia.clavel@gl-events.com pour obtenir des accès gratuits à la plateforme de la conférence

«Covid-19, effet loupe et devoir d’agir pour les acteurs de la santé mondiale»

«Covid-19, effet loupe et devoir d’agir pour les acteurs de la santé mondiale»

La pandémie de coronavirus a prouvé une fois de plus l’importance d’investir dans les systèmes de santé, de renforcer l’accès équitable aux soins et d’améliorer la préparation à la prévention et au contrôle des épidémies. Présentée par la docteur Matshidiso Rebecca Moeti, directrice régionale pour l’Afrique de l’Organisation mondiale de la Santé, cette approche est défendue par Solthis, organisation experte en santé, intervenant en Afrique depuis des années. Retrouvez la tribune du Dr Serge Breysse, Directeur général de Solthis, parue dans le quotidien français  L’Opinion le 11 septembre dernier.