AUTOTEST VIH : LIBRE D'ACCÉDER À LA CONNAISSANCE DE SON STATUT

Carnets de santé, un projet du Conseil Présidentiel pour l’Afrique (CPA) et de l’ONG Action Santé Mondiale, destiné à mettre en lumière les innovations africaines pour rendre la santé accessible à tou·te·s, a fait escale au Sénégal, du 20 au 25 mai 2019. Conduite par la Dr Yvonne Mburu, immunologue et membre du CPA, la délégation a notamment visité deux structures partenaires de mise en œuvre du Projet ATLAS. A Dakar, tout d’abord, le Dr Bâ, Coordonnateur technique, a présenté le CEPIAD, Centre de Prise en Charge Intégrée des Addictions de Dakar, qui participera à la distribution des kits d’autotest de dépistage du VIH, dans le cadre de la mise en œuvre du projet. A l’origine de la création du Centre, explique le Dr Ba, « une enquête de 2011 qui montre une très grande vulnérabilité des usagers de drogues au VIH, avec une prévalence de 9,4 %, et au VHC, avec 23%. » Première unité spécialisée en Afrique de l’Ouest, le CEPIAD présente aujourd’hui « une file active de 500 usager·e·s, dont 275 sous méthadone ». Cette unité du service de psychiatrie de l’hôpital Fann propose également des activités communautaires et de stratégie avancée. Ousmane, médiateur communautaire, rappelle que « la réduction des risques (RdR) est une des priorités du centre, tout comme le plaidoyer auprès des forces de sécurité et le dépistage en stratégie avancée ».

Dr Diallo, du Projet ATLAS, présent le kit d’autodépistage oral du VIH

La délégation s’est également rendue à Ziguinchor, au centre de santé, ex-hôpital Silence, où elle a été accueillie par le Dr Jean-Jacques Malomar, Médecin chef du district. Docteur Sanata Diallo, Cheffe du Projet ATLAS au Sénégal, a ensuite présenté le projet et ses innovations, en compagnie du Dr Boubacar Diouf, représentant d’Enda Santé sur place et partenaire de mise en œuvre. Soulignant que « la fin de l’épidémie commence par la porte d’entrée, le dépistage », Dr Diallo, a présenté aux participant·e·s le dispositif d’autotest de dépistage oral du VIH qui sera dispensé dans le cadre du projet. Des rencontres ont eu lieu avec les bénéficiaires, et notamment un groupe de travailleuses du sexe de l’association Diamorane. Sokhna Rokhaya, médiatrice, a notamment souligné la nécessité pour elles de se dépister tous les trois mois. « Les conditions sont tellement difficiles que nous sommes obligées d’accepter beaucoup de choses », a-t-elle expliqué, reconnaissant à demi-mot qu’elle et ses consœurs devaient bien souvent accepter de pratiquer leur métier sans se protéger. « Moi la première, je ne voulais pas me dépister. Mais les causeries et la sensibilisation nous convainquent, les travailleuses du sexe « officielles » comme les informelles ou les cachées », explique-t-elle, ajoutant que « l’autotest répond parfaitement aux besoins de notre profession. »
Autre innovation du Projet ATLAS, la distribution secondaire permettra de confier des kits d’autodépistage du VIH aux populations clés pour qu’elles le remettent à celles et ceux des cibles qui ne souhaitent pas se déplacer dans les centres de santé, notamment en raison de la forte stigmatisation qui prévaut encore au Sénégal.

Visite du Conseil Présidentiel pour l’Afrique

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