AUTOTEST VIH : LIBRE D'ACCÉDER À LA CONNAISSANCE DE SON STATUT

Le VIH en Afrique de l’Ouest

L’épidémie de VIH Sida en Afrique de l’Ouest a toujours présenté un taux de prévalence plutôt faible en population générale, contrairement à celle d’Afrique de l’Est et Australe. En conséquence, les premiers efforts de riposte massive se sont majoritairement tournés vers le sud du continent.
Aujourd’hui, alors que la situation globale de la lutte contre le sida présente des résultats encourageants en termes de dépistage, d’accès aux traitements et au suivi de la charge virale, l’Afrique de l’Ouest présente un retard dans l’atteinte des objectifs.
Une épidémie « silencieuse » s’est maintenue, notamment parmi les populations vulnérables, et l’accès au dépistage reste l’objectif le plus important à atteindre pour améliorer également la prise en charge thérapeutique et la suppression de la charge virale.

En Afrique de l’Ouest et Centrale, 5 millions de personnes vivent avec le VIH soit une prévalence de 1,5%. En 2018, 280 000 nouvelles infections et 160 000 décès ont été recensés.

EN 2018

%

de la population mondiale

MAIS

%

de nouvelles infections

ET

%

des décès d'enfants d'une cause liée au VIH / SIDA

Source : Unaids Data 2019.

Les populations à plus haut risque d’infection demeurent les populations vulnérables, du fait d’une stigmatisation et d’une discrimination persistantes et de la criminalisation de certains comportements dans certains pays de la sous-région (en 2017, au moins 11 pays de la région avaient des lois criminalisant les relations ou l’expression homosexuelle).

Populations clés à haut risque d’infection

Risque relatif d’acquisition du VIH par groupe de population par rapport à la population générale à l’échelle mondiale 2017 :

  • Travailleuses du sexe 13% 13%
  • Usagers de drogue 22% 22%
  • Hommes ayant eu des relations sexuelles avec des hommes 28% 28%
  • Femmes transgenres 13% 13%

Source : Un long chemin reste à parcourir, Onusida, 2018

La Stratégie 90-90-90 au niveau mondial et régional

Bien que de nombreuses stratégies soient nécessaires pour clore le chapitre de l’épidémie du sida, une chose demeure certaine : il sera impossible de mettre fin à l’épidémie sans apporter le traitement du VIH à tous ceux qui en ont besoin.
Pour y parvenir, l’Onusida a lancé en 2015 la stratégie 90–90–90. A l’horizon 2020 :

  • 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique.
  • 90% de toutes les personnes infectées par le VIH dépistées reçoivent un traitement antirétroviral durable.
  • 90% des personnes recevant un traitement antirétroviral ont une charge virale durablement supprimée.

En 2018, dans le monde

37,9 millions de personnes vivent avec le VIH

  • Des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut 79% 79%
  • Des personnes connaissant leur statut positif ont accès à un traitement 78% 78%
  • Des personnes sous traitement ont une charge virale indétectable 86% 86%

Source : Unaids Data 2019

En Afrique de l’Ouest et Centrale

5 millions de personnes vivent avec le VIH

  • Des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut 64% 64%
  • Des personnes connaissant leur statut positif ont accès à un traitement 79% 79%
  • Des personnes sous traitement ont une charge virale indétectable 76% 76%

Source : Unaids Data 2019

Prévention et comportements à risque

Risques de contamination par le VIH

Relations sexuelles non protégées
Il existe un risque de contamination par le VIH lors de pratiques sexuelles non protégées, car le virus, présent dans les sécrétions sexuelles, pénètre dans l’organisme par le biais d’une muqueuse.

Voie sanguine et/ou cutanée
Le risque de contamination est très élevé lorsqu’il y a partage de seringues et/ou d’objets souillés par du sang contaminé.

De la mère séropositive VIH à l’enfant
Tous les bébés nés d’une maman séropositive au VIH sont à la naissance séropositifs. Ils possèdent des anticorps anti-VIH, transmis au fœtus pendant la grossesse. Il y a environ 20% de risque de transmission du virus en l’absence de traitement de la mère, et de l’ordre de 2% si celle-ci est traitée pendant le troisième trimestre. Un risque élevé subsiste par le lait maternel lors de l’allaitement.

Risque zéro de transmission du VIH

Le VIH ne se transmet pas par la salive, les larmes, les baisers, l’urine, le partage de couverts et/ou de verres, les piqûres de moustique, les actions de la vie quotidienne (poignées de mains, l’utilisation d’équipements publics tels que les toilettes, douches, piscines, etc.)…

L’utilisation du préservatif, masculin ou féminin, est le moyen le plus sûr pour se protéger du VIH lors de relations sexuelles.

Le Traitement comme Prévention (TASP)

Dépister une infection à VIH permet de mettre en place précocement un traitement antirétroviral pour un bénéfice à la fois individuel et collectif : efficaces pour la personne traitée, les traitements permettent aussi de diminuer considérablement les risques de transmission du VIH.
Le traitement comme prévention fonctionne si la personne séropositive est traitée efficacement, avec une charge virale indétectable*; le risque de transmettre le VIH à un partenaire sexuel devient alors extrêmement faible.

* La charge virale est dite indétectable lorsque le taux de particules virales circulant dans le sang est tellement bas qu’il devient indétectable. Une charge virale indétectable ne signifie pas l’absence du virus mais que la quantité de VIH a atteint un niveau inférieur au seuil de détection par les tests.

La PrEP (Prophylaxie Pré-exposition)

Qu’est-ce que la PrEP ?

La PrEP, ou Prophylaxie Pré-exposition, s’adresse aux personnes qui n’ont pas le VIH et consiste à prendre un médicament afin d’éviter de se faire contaminer. Plusieurs recherches ont prouvé l’efficacité de la Prep en prise continue et en prise à la demande : Iprex Ole (États-Unis), Partners Prep (Kenya, Ouganda), Proud (Royaume-Uni), ANRS-Ipergay (France, Canada). Ces recherches ont été menées principalement chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) mais certaines ont aussi concerné des personnes transgenres et des couples hétérosexuels. Tous ces essais montrent que quand le médicament est bien pris selon le schéma indiqué, le risque de contamination est infime.
Sur la base de ces bons résultats, la Prep est désormais recommandée par de nombreuses instances nationales et internationales.

Dépistage : les différentes stratégies

Le dépistage sert à vérifier la présence d’anticorps pour le VIH dans le corps. Les anticorps servent à défendre le corps contre la maladie :

  • Si le test détecte la présence d’anticorps, il est positif et vous avez le VIH
  • Si le test ne détecte pas d’anticorps, il est négatif et vous n’avez pas le VIH

Les anticorps n’apparaissent pas directement et c’est pour cela qu’il faut attendre un certain temps pour faire le test après la prise de risque.

Il existe plusieurs possibilités pour faire un test de dépistage :

Test de dépistage traditionnel

Prise de sang

6 semaines après la prise de risque

Environ une semaine après le test

Test de dépistage à résultat rapide

Si le test est positif, il doit être confirmé par un test de dépistage traditionnel (prise de sang)

Prélèvement de sang ou de salive

3 mois après la prise de risque

Sang : quelques minutes après le prélèvement

Salive : 20 minutes après le prélèvement

Autotest

Si le test est positif, il doit être confirmé par un test de dépistage traditionnel (prise de sang)

Autotest oral ou sanguin

3 mois après la prise de risque

Quelques minutes (sanguin) à 20 minutes (oral) après le prélèvement

Les avantages du dépistage

=

Se protéger du VIH

=

Protéger ses proches

=

En finir avec la transmission aux bébés

=

Sauver des vies : les personnes dépistées peuvent démarrer un traitement

=

Revendiquer son droit à la santé

=

Savoir plus tôt pour se soigner plus tôt

=

Rester vivant et en bonne santé

Le test du test

Si vous ne savez pas si vous devez faire un test de dépistage du VIH, répondez aux questions suivantes :

  • Vivez-vous dans une région où le taux de prévalence du VIH est élevé ?
  • Vous-même ou votre famille avez déjà vécu dans une région où le taux de prévalence du VIH est élevé ?
  • Avez-vous déjà payé ou été payé(e) pour des relations sexuelles non protégées ou avez-vous déjà échangé des biens ou des services contre des relations sexuelles non protégées ?
  • Avez-vous déjà été diagnostiqué(e) ou avez-vous déjà reçu un traitement pour une autre infection sexuellement transmissible ?
  • Avez-vous déjà eu la tuberculose ?
  • Êtes-vous un homme ayant eu des relations sexuelles avec un autre homme sans préservatif ?
  • Êtes-vous une personne transgenre ayant eu des relations sexuelles sans préservatif ?
  • Avez-vous échangé du matériel d’injection avec d’autres personnes ?
  • Avez-vous eu des relations sexuelles sans préservatif avec une personne qui pourrait répondre oui à l’une des questions ci-dessus ?
  • Avez-vous déjà eu des relations sexuelles sans préservatif avec une personne qui vit avec le VIH et dont vous ignorez si la charge virale est indétectable ?
  • Êtes-vous enceinte ou prévoyez-vous de tomber enceinte ?

Si vous répondez oui à n’importe laquelle des questions ci-dessus, il serait préférable de faire un test de dépistage du VIH. Connaître votre état sérologique vis-à-vis du VIH vous permettra d’accéder aux connaissances nécessaires pour continuer de faire des choix éclairés sur votre santé, ainsi que d’accéder à un traitement essentiel si nécessaire.

Si vous répondez oui à plusieurs des questions ci-dessus, il est fortement recommandé de faire un test de dépistage du VIH. Si vous estimez que vous êtes peut-être exposé(e) en permanence au risque de VIH, il est recommandé de vous adresser à des services de prévention du VIH et de faire un test de dépistage du VIH tous les six mois.

Si vous répondez non à l’ensemble des questions ci-dessus, votre risque d’infection à VIH devrait être faible ; toutefois, si vous cela vous inquiète, faire un test de dépistage du VIH est rapide et facile et confirmera votre état sérologique vis-à-vis du VIH tout en vous apportant les connaissances dont vous avez besoin pour rester en bonne santé.

Prise en charge : les modalités

Après un dépistage positif, l’agent de santé doit orienter le patient vers une structure de prise en charge pour entrer dans le soin. Toutefois, l’initiation du traitement doit rester du choix du patient.

Depuis l’identification du VIH et le début de la recherche thérapeutique, de nombreux progrès ont été réalisés, en termes d’efficacité et de prise. Les médicaments contre le VIH appartiennent à différentes classes et agissent donc de différentes façons. Le traitement comportant au moins trois molécules (trithérapie) est aujourd’hui devenu la norme pour toute personne nouvellement diagnostiquée. Leurs actions combinées permettent d’empêcher la multiplication du virus, de vaincre les éventuelles infections et d’éviter le développement du SIDA. Un traitement pris selon les strictes prescriptions médicales peut faire suffisamment baisser la charge virale (quantité de virus) pour que la personne séropositive ne soit plus contaminante.

Pour garantir le succès de la thérapie, des analyses doivent être régulièrement pratiquées, et notamment la mesure de la charge virale. Celle-ci est très importante car elle permet d’évaluer la nécessité, ou non, de modifier le traitement. Si la thérapie n’est plus adaptée, le patient risque de voir la réplication du virus reprendre. Le suivi est donc aussi important que le traitement !